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Manger moins pour vivre plus

Vous adorez manger ? Vous voulez savoir comment manger beaucoup et pour longtemps ? Mangez peu. Ainsi, vous vivrez assez longtemps et suffisamment en bonne santé pour manger beaucoup :)

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Les unes après les autres, de très nombreuses recherches médicales ont démontré la même chose : le moyen le plus sûr et le plus efficace pour allonger la durée de vie en bonne santé d’un animal est de réduire la quantité de nourriture qu’il mange. Mais pour nous, qu’est-ce que cela implique?

Les faits scientifiques

Une étude menée par le Dr. Edward Masaro , à l’université du Texas, a fourni des résultats très intéressants. Masaro a travaillé sur 3 groupes différents de rats : un groupe qui mangeait à volonté, un groupe dont la ration alimentaire était réduite de 60% et un troisième groupe qui mangeait à volonté mais dont l’apport protéinique avait été réduit de moitié. Quel fut le résultat ? 2 ans et 2 mois plus tard, seuls 13% des rats du groupe qui mangeait à volonté était encore en vie, contre 97% du groupe rationné et 50% du groupe qui mangeait à volonté, sauf en matière de protéines. Que peut-on en conclure ?

D’après le Dr. Ray Walford, ces conclusions sont sans appel : « la sous alimentation est la seule méthode que nous connaissions qui retarde systématiquement le processus de vieillissement et prolonge la durée de vie chez les animaux à sang chaud. Ces recherches sont sans doute valables pour l’Homme car elles ont donné les mêmes résultats avec toutes les espèces étudiées à ce jour ». A noter également qu’une alimentation très protéinée, n’est pas conseillée si vous souhaitez vivre longtemps et en bonne santé.

Deuxième étude, plus récente et plus nuancée, menée au sein du Centre national de recherche sur les primates du Wisconsin, Madison.  Plusieurs singes faisaient partie d’une étude menée sur le long terme sur les restrictions alimentaires et leur lien avec le vieillissement. Résultat : voyez par vous-même sur la photo ci après. Depuis qu’ils sont adultes, Canto (à gauche) avait été nourri 30% de moins qu’Owen (à droite). Alors qu’ils ont le même âge, vous pouvez remarquer sur la photo ci-après, la différence flagrante entre les deux primates.

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Mais les résultats ne sont pas simplement visuels, les singes « caloriquement limités » étaient en bien meilleure santé générale et connaissaient beaucoup moins de maladies liées à l’âge, comme le diabète et le cancer. Leur longévité était également plus forte : si 37% des singes appartenant au groupe de contrôle étaient morts de causes liées au vieillissement, ils n’étaient que 13% du côté des singes qui mangeaient moins.

Concrètement, ces études nous indiquent que la dégradation normale du corps et du système immunitaire, sont nettement retardées par une réduction de l’alimentation. La restriction calorique semble diminuer – parfois de manière spectaculaire – le risque de développer des maladies liées à l’âge, comme le cancer et le diabète. Et si le fait de moins manger n’augmente pas forcément la durée de vie, comme le montre les études menées sur le « très long terme », ceci augmenterait très certainement la durée de vie passée en bonne santé.

Vivre vieux, oui, mais en bonne santé, libre dans corps, autonome et empli de possibilités , n’est-ce pas ce que nous souhaitons tous?

Manger moins : quelques exemples concrets

Vous l’aurez compris, si manger moins équivaut à vivre plus longtemps, cela n’est pas pour autant à confondre avec des régimes alimentaires privatifs, l’anorexie ou l’idéalisation de la famine. Plusieurs études ont montré que la maigreur excessive peut présenter autant de risques pour la santé que l’obésité. Votre corps ne doit pas vivre cette nouvelle façon de consommer comme une pression (physique ou mentale) mais comme une opportunité de régénération.

Voici quelques exemples concrets pour appliquer cette règle, sainement et efficacement, dans votre quotidien

L’alimentation intuitive

Nous mangeons souvent par plaisir et par envie mais aussi par habitude et par obligation. Prenez l’habitude de vous demander : de quoi mon corps a-t-il besoin aujourd’hui? En écoutant votre intuition alimentaire, vous pourrez naturellement vous orienter vers les nutriments et les aliments dont vous avez besoin, jour après jour. Si vous pensez qu’en écoutant réellement ce que vous voulez, vous serez irrémédiablement attiré par les sucreries, les graisses ou des aliments nutritionnellement pauvres, c’est surement parce que vous serez à l’écoutez de vos sentiments et non pas de votre corps.

Comment vous sentez vous aujourd’hui ? Léger, lourd, en besoin d’énergie et de dynamisme ou au contraire en quête de calme et stabilité ? Quelle que soit votre réponse, votre alimentation du jour peut venir vous aider ou aggraver la situation. Soyez à l’écoute, vous serez surpris!

En matière d’alimentation et de santé, le fait de sauter des repas a toujours été très mal vu et déconseillé. Je rejoins totalement ces préconisations, notamment pour le petit déjeuner, repas crucial mais souvent négligé de la journée. Mais si vous ressentez réellement une lourdeur ou une gêne digestive, un besoin de vous débarrasser des toxines accumulées ou des excès dévorés la veille, écoutez votre corps et suivez ces indications.

Si cette sensation se présente, n’hésitez pas à laisser votre système digestif se reposer, en priorisant l’absorption de liquides (eau et thés chauds) le temps d’une matinée ou d’une soirée. Si vous sentez que votre feu digestif est au plus bas, priorisez des repas cuits et chauds, etc.

Le soir : allégez vos repas et votre sommeil

La nuit est le moment idéal pour régénérer notre corps et nos capacités physiques et mentales, mais trop souvent nous dînons tard ou nous grignotons en soirée. Autant que possible, ne dînez après 21h et si vous ressentez le besoin incontrôlable de grignoter, ne mangez que des fruits (de saison, si possible) qui seront rapidement digérés et assimilés.

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Des pauses pour votre système digestif

Le fait de grignoter est souvent critiqué pour des questions de poids. Pourtant, l’enjeu est surtout important pour des questions de rythme biologique. De la même façon que nous avons besoin de dormir pour être éveillés, de se reposer et de cultiver le calme pour pouvoir être créatifs et disponibles, notre système digestif a besoin de repos et de temps pour pouvoir assimiler les nutriments intéressants et se débarrasser des toxines et des excès. En grignotant sans arrêt, quel que soit la nature de vos aliments, vous n’envoyez pas un message clair à votre digestion. Celle-ci n’en sera que plus lente et défectueuse.

Si vous avez tout de même besoin de vous sentir rempli hors des heures de prise de repas, prenez l’habitude de boire des tasses de thé vert, qui auront un impact très positif sur votre santé (par l’effet des antioxydants) et sur votre digestion (l’eau chaude activant le processus d’élimination de notre système digestif).

Payer plus, manger moins

Depuis plusieurs dizaines d’années, le budget que nous consacrons à notre alimentation se réduit en peau de chagrin. Dans un premier temps, ce phénomène était perçu comme positif : avec l’industrialisation en masse de notre alimentation, celle-ci était très peu coûteuse et accessible au plus grand nombre. A la place, nous pouvions investir ces sommes dans d’autres postes budgétaires : les transports, les objets matériels (informatique, téléphonie, ménagers), les habits ou les voyages. Or, cette logique nous mène dans une impasse. Premièrement,  car investir dans notre alimentation correspond à un investissement unique pour le présent et le futur : meilleure santé, plus grande indépendance, moins de maladies et de souffrances (physiques, mentales, familiales), plus d’énergie et de possibilités. Deuxièmement, car la qualité devrait toujours primer sur la quantité. Et dans un contexte où l’industrialisation est encore majoritaire, faire le choix des circuits courts, d’une agriculture saine et naturelle, ou de produits de qualité : ça a un coût.

Mais n’oubliez pas : plus la demande sera forte, plus ces produits se développeront et survivront dans le marché agroalimentaire industrialisé. Jusqu’à ce que le marché soit obligé d’accepter la transition voulue par les consommateurs et ne propose plus que des produits goûteux  sains, nutritionnellement denses, qui ne mettent pas en danger votre santé ni celle des producteurs, qui valorisent leur travail et le retour à la terre.

Michael Pollan, une des plus grandes figures en matière d’alimentation, dit qu’après toutes ses années de recherches et d’expérience personnelle, il peut réduire l’essentiel de ce qu’il a appris en 10 mots : « Mangez de la nourriture, toujours avec modération, principalement des végétaux ».

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« De la nourriture » : c’est-à-dire de la vraie nourriture ! Des aliments frais, complets, non transformés et sans des dizaines d’additifs alimentaires, édulcorants, exhausteurs et autres sels et sucres inutiles rajoutés dans tous les produits industriels. Lorsque vous mangez cette glace ou ces raviolis, dont la liste d’ingrédients contient des dizaines de noms inconnus, imprononçables et qui n’ont aucun rapport avec l’alimentation, demandez-vous « qu’est ce que ça vient faire là ? » mais aussi « comment suis-je censé digérer cela ?! »

« Toujours avec modération » : soyez modérés et suivez la règle des 80% que nous verrons juste après.

« Principalement des végétaux » : vous voulez vous sentir vivant ? Mangez une alimentation vivante ! Priorisez les végétaux car ils sont très faciles à digérer, gorgés de nutriments de qualité que vous pourrez assimiler, avec un impact minime sur l’environnement et un impact positif certain sur votre santé.

La règle des 80%

La règle des 80% est tirée de la plus grande étude internationale menée pour connaitre les habitudes alimentaires, physiques et mentales des populations centenaires dans le monde (Etude Blue Zones). Pour lire l’article complet et détaillé, c’est par ici : Manger (et vivre !) centenaire : the Blue Zones.

Les centenaires Okinawais ont adopté un proverbe tiré de Conficius « Hara hachi bu » : « Souviens toi d’arrêter de manger quand tu es remplis à 80% ». L’enjeu de ces 20% restants : comprendre la différence entre ne plus avoir faim et se sentir rempli comme un ballon. C’est dans cette nuance que réside notre capacité à ne pas prendre du poids avec l’âge et ne pas souffrir des maladies que cela entraîne (hypertension, cholestérol, maladies cardiovasculaires).

Une des clefs pour y parvenir : ne soyez pas distrait quand vous mangez. Plusieurs études ont démontré que plus la distraction est forte plus la prise alimentaire augmente. La télé allumée, la musique trop forte, une position inconfortable, tout cela nous détourne de notre assiette. Regardez votre assiette, prenez le temps de manger et de mâcher! Comme vous le savez il faut au moins 20 minutes à notre cerveau pour pouvoir recevoir les messages de satiété envoyés par notre corps.

Quittez la table satisfait mais jamais complètement gavé !

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