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Un mois dans les livres et accepter qu’on doit porter des lunettes – Juin 2019

Presque tous les jours, quelqu’un me demande : mais où trouves-tu le temps de lire autant de livres ? J’ai un enfant de 17 mois, un boulot à plein de temps et pas beaucoup de temps libre. Question à laquelle je réponds :

  1. Commence par bien galérer, avec des maux de tête répétitifs et réalise que tu as besoin de porter des lunettes de repos pour lire. Merci ces 6 derniers mois de lecture intensive ! Vous avez dézingué mes yeux.. mais vous avez ouvert grand mon cœur.
  2. Une fois armée de lunettes.. (oh merde, en écrivant ces mots je réalise que ça fait deux heures que j’écris sur mon ordinateur et j’ai oublié de les mettre !)
  3. Une fois que tu as vraiment mis tes lunettes, le petit 3 est tout simple. Moins de temps sur Instagram, moins de temps sur Netflix, des bons livres qui te font plonger direct (et que tu peux trouver dans mes articles) et boum ! te voilà embarquée pour une merveilleuse année de livres !

Sans plus attendre, mes (fabuleux, renversants et chéris-chéris) livres du mois de Juin !

 

 

 

City of Girls – Elizabeth Gilbert

Si vous connaissez la célèbre Elizabeth Gilbert (autrice de Mange, Prie, Aime et Big Magic) vous savez qu’elle a rédigé son dernier roman, City of Girls, au cours d’une année très difficile où l’amour de sa vie est morte des suites d’un cancer terminal.

Plongée dans le traumatisme d’un deuil, elle a écrit un des livres les plus légers, une incroyable ode à la vie et à l’amitié, qu’il m’ait été donné de lire. Si vous êtes fan d’Elizabeth Gilbert, si vous aimez son œuvre ou ses textes qui vous prennent aux tripes, et vous vous demandez si son dernier livre est à la hauteur de sa réputation : sachez qu’il l’est.

Basé dans le New York des années 40, on suit l’héroïne Vivian Morris, qui découvre l’âge adulte, son rapport au sexe et les grandes leçons de la vie. A chaque chapitre qui passe, l’histoire gagne en profondeur jusqu’à devenir un tableau émouvant fait de personnages attachants dont vous n’allez pas vous remettre. Elizabeth me fait toujours le même effet : elle me donne envie d’être une femme incroyable et elle me montre que c’est possible. Et je dirais même, elle me montre exactement comment faire ! Quand j’ai refermé les dernières pages de ce livre, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Ce livre a fait sauter certaines barrières que j’avais sur la sexualité, l’amitié entre femmes et ce que ça veut dire, une vie merveilleuse. Thérapeutique. Quand vous lirez City of Girls, vous saurez pourquoi.

Le talent d’Elizabeth Gilbert vient d’un autre monde.

Trouver ce livre : chez votre libraire ou sur internet.

Une chambre à soi – Virginia Wolf

Je me suis dit, il serait temps que tu lises ce classique. Pour toutes celles qui s’intéressent à la place de la femme dans l’histoire, Une chambre à soi de Virginia Woolf est une référence. Que pouvait bien écrire une femme il y a près de cent ans sur la question du féminisme ?

Dans le décor d’une Angleterre où les personnes se déplacent encore en carriole à chevaux, eh bien, Virginia Wool est  exactement comme nous en 2019 : drôle, attachée à son indépendance financière, pleine de doutes, furieuse. Dans Une chambre à soi, Virginia Woolf doit répondre à la question : de quoi a besoin une femme pour écrire un livre ? (à une époque où les livres écrits par des femmes étaient rarissimes). Sa réponse : « de l’argent et une chambre à soi », est devenu un emblème de la cause féministe.

A ce jour, le manque d’indépendance financière est un des principaux facteurs qui isole une femme de ses capacités et de ses envies. Quand à une chambre à soi (et pour celles d’entre nous qui sommes mères et savons à quel point même « un pipi à soi » est difficile !), elle traite de l’impératif de prendre soin de sa santé mentale. Que ce soit physiquement une chambre, dont vous pouvez fermer la porte et dire : maintenant j’ai besoin de deux/dix/trente minutes seule, ou symboliquement un moment dans votre journée ou votre semaine, où vous n’êtes la mère, femme, collègue de personne et vous êtes votre propre personne, une chambre à soi est essentielle pour survivre. Est-ce que vous avez une chambre à vous? Est-ce que vous vous autorisez à dire : maintenant je veux être seule ?

Ce livre m’a rappelé ce que la première année de la maternité a marqué au fer rouge dans ma tête : prends soin de ta santé mentale et défends la coûte que coûte.

Trouver ce livre : chez votre libraire ou sur internet.

Beauté Fatale – Mona Chollet

En 2019 je lis tous les livres de Mona Chollet, une journaliste et autrice française qui communique avec brio autour des questions féministes. Parce qu’elle est sacrément douée ! Je suis déjà tombée sous le charme de Sorcières et de Chez Soi, et aujourd’hui j’ai terminé Beauté Fatale, les nouveaux visages d’une aliénation féminine.

Je m’incline devant cette pépite d’insolence !

Ma relation à la beauté peut se résumer à ce souvenir que j’ai de mon enfance: je devais avoir 10 ans et un cousin était venu nous rendre visite avec les bras remplis de cadeaux, il avait offert à ma grande sœur un carnet avec un stylo et m’avait offert un set de trois petites crèmes qui sentaient bon. A ce jour, je me souviens encore de mon visage déçu en tenant les trois petites crèmes dans mes mains : mais… c’est quoi ces trois petites crèmes à la con (désolée cousin !), pourquoi je n’ai pas reçu le petit carnet qui lui au moins sert à quelque chose ? C’est ainsi que je me suis sentie toute ma vie par rapport à la beauté : décalée. Me demandant pourquoi j’étais censée m’intéresser à ça. Et pendant longtemps, parce que la beauté ne m’intéressait pas, je pensais qu’il me manquait une case pour être une vraie femme.

Je me forçais de temps en temps à faire du shopping alors que la sensation des pieds qui piétinent et des lumières vives des magasins me donne la nausée, je parlais crème et masque et rouge à lèvres alors que mon intérêt pour les questions était purement forcé, je faisais tourner les pages des magazines féminins en me sentant confuse de ne trouver aucun intérêt à tout ça. Que votre rapport à l’univers de la beauté soit confus comme le mien, que ce soit un de vos grands plaisirs, vous trouverez une incroyable inspiration dans ce livre pour comprendre le lien « femmes & beauté » dans le monde.

Beauté Fatale, est une plongée fascinante dans toutes les constructions culturelles et commerciales autour de la femme (comme le souci de l’apparence, le soin apporté au choix des vêtements, le goût du détail, la sensibilité aux objets et la capacité à les investir d’une dimension quasi métaphysique, l’intérêt porté au foyer ou au passage des saisons).  Et tous les processus d’auto dévalorisation et de haine du corps dans lesquels on nous a habitué à vivre. Mona Chollet me permet de défaire d’un cran l’attache de la ceinture ou du soutien-gorge que je porte (ou de ne pas en mettre du tout !) et de respirer un bon coup. Si vous avez envie d’une vie où vous êtes bien dans votre corps (et c’est une des plus merveilleuses sensations qui soient), lancez vous et tournez les premières pages de Beauté Fatale. J’aime ce livre. J’admire ce livre. Je veux que tout le monde lise ce livre. Il est important.

Trouver ce livre : chez votre libraire ou sur internet.

Et vous, vous lisez quelle merveille en ce moment ? Partagez ci-dessous !

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