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Apprendre à manger et à vivre aux Etats-Unis

Je viens de passer deux semaines aux Etats Unis et j’ai envie de partager avec vous mes impressions et mes apprentissages sur place, sur l’alimentation et le savoir-vivre. Les Etats Unis étaient à l’origine un pays qui ne m’attirait pas particulièrement. De plus, je suis française et mexicaine, deux cultures qui entretiennent probablement parmi les rapports les plus conflictuels avec ce pays. Mais, ma grande sœur y vit et travaille depuis 5 ans, il était temps de découvrir son univers et de voir mes parents qui voyageaient depuis le Mexique pour l’occasion. Voici le récit de quelques-unes des leçons que j’ai apprises aux Etats Unis. Car vous l’aurez deviné, j’ai été plus qu’agréablement surprise par ce pays, son peuple et sa culture.

Starbucks: un empire et un symbole américain

On s’étire devant Starbucks après des heures assise dans un avion: délicieux :)

Bien sûr, ceci ne retrace que mon expérience personnelle, que l’image des villes que j’ai visitées (Washington DC et New York) et n’est en aucun cas une vérité universelle. Mais je pense que nous pouvons tous nous inspirer du positif, où qu’il se trouve. Je suis plus que consciente du fait que les Etats-Unis sont considérés comme le pays de la malbouffe, de McDonald’s, de l’obésité, de la pollution, des excès, des inégalités, de l’impérialisme et du refus politique de s’engager contre le changement climatique. Je vous assure, je connais tous les dossiers qui pèsent lourdement sur l’image des Etats-Unis . Mais il est temps d’accorder notre attention et notre énergie à d’autres facettes de ce pays. De nous inspirer des personnes, des mouvements, des cultures, des énergies créatives, conscientes et positives qui y germent aussi. 

Le choix et la diversité


Pays de la diversité par excellence, cette diversité s’est retrouvée dans tous les lieux liés à l’alimentation que j’ai visités. Nous ne faisions nos courses qu’à Whole Foods (équivalent de la BioCoop aux USA) mais même lorsque nous sommes allés dans un supermarché non-bio, de très nombreux produits et étals proposaient du bio, du local, des produits de saison. Et mélangés un peu partout, fondus dans la masse et pas forcément rangés dans le rayon « diététique » ou « santé » comme nous avons l’habitude de voir en France. Le biologique, le local, le sain n’a rien à voir avec du diététique ou avec un quelconque régime. C’est l’avenir de notre agriculture et de notre santé, si nous voulons vivre à bientôt 8 milliards, dans une Terre où les ressources et les possibilités puissent restent infinies. C’est important de traduire cette idée, ne serait-ce que dans le choix de disposition des produits dans les rayons.

Les cartes des restaurants sont toujours garnies de plats à base végétale, de plats végétariens, végétaliens, sans gluten, crus, locaux. En France, je suis encore très surprise de constater notre retard ou notre résistance à cet égard. Combien de restaurants ne proposent uniquement que des plats avec un animal (viande, poisson) comme élément central ? Mes amis, ce temps est révolu ! Ici, des dizaines de plats nourrissants, parfumés, garnis de légumineuses, de fruits, d’herbes, de légumes, de céréales, d’épices étaient proposés. Même dans un restaurant d’hamburgers dont la marque de fabrique était la viande bien saignante, il semblait tout à fait normal de proposer quelques hamburgers avec des steaks faits à base d’haricots rouges, de riz, de pois chiches, etc. L’offre crée la demande. J’espère que tous les restaurateurs et transformateurs qui me lisent, auront envie de proposer à leur tour des plats créatifs et délicieux qui participent à améliorer la santé de notre planète et de ceux qui la peuplent. Encore une fois, l’offre crée la demande. Osez, innovez, proposez, charmez nous ! On ne demande que ça :) Et de notre côté, en tant que consommateurs, n’hésitons pas à être une demande qui sollicite, parle, discute, s’interroge et questionne l’offre de restaurants ou des commerçants de sa ville. Parlons entre nous, avançons ensemble.

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Une petite faim pendant la visite touristique de NY? Pas forcément envie d’avaler un jambon beurre et un Coca? Le premier food truck auquel je me dirige propose des légumes de saison, du houmous et quelques feuilles de salade. Le tout BIO et bien assaisonné!

L’alimentation consciente : une culture émergente très visible


Bien sûr, nous pourrons toujours questionner les motivations qui se cachent derrière tel produit ou mouvance : est-ce du marketing ? y croient-ils vraiment ? En attendant, les résultats sont là. Les mots local, biologique, ferme, rencontrez vos producteurs, végétarien, végétalien, flexitarien, fait maison, de saison, permaculture, fleurissent à chaque coin de rue.

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Est-ce mon regard qui change ou est-ce le monde autour de moi qui change ? Probablement les deux :) Là où notre attention et notre énergie va, les possibilités se multiplient. Ce n’est donc sûrement pas un hasard si je n’ai vu qu’un seul McDonald’s pendant mes deux semaines aux USA, tout petit et complètement déserté.

L’activité physique : d’un extrême à l’autre


Les USA sont connus pour leur fléau d’obésité (adulte et infantile) mais d’un autre côté, j’ai rarement rencontré un peuple aussi motivé et passionné par le sport et le corps. Les gens courent absolument partout, à toute heure, avec des poussettes, dans n’importe quel climat. C’est franchement fou à observer ! Personnellement, je ne suis pas une grande fanatique de la course et encore moins quand elle est poussée à l’extrême. Courir 10 kilomètres à tout prix, sous un soleil de plomb, sans être conscient de son corps et de sa respiration, cela peut faire plus de mal que de bien. Cela peut mener à une blessure. Mais le constat est là, d’un côté, vous ne verrez jamais autant de personnes qui souffrent d’obésité mais de l’autre, vous ne verrez jamais autant de personnes (de tout âge) arborer fièrement un corps des plus athlétiques. On trouve le milieu ensemble ? On se motive à bouger de notre canapé et à aller se balader dans un parc ? Suivre un cours de yoga ou d’escalade ?

L’ingestion de nourriture


En Ayurveda, nous considérons comme sacré le temps du repas, qui doit se faire à tout prix en position assise, dans un lieu calme, dans une ambiance agréable. Ici, j’ai souvent vu des personnes manger debout, sur le pouce, concentrés sur leur téléphone, l’esprit complètement ailleurs. Le contenu de l’assiette est très important, mais les conditions dans lesquelles se fait la prise alimentaire déterminent grandement notre capacité à digérer, assimiler le repas et laisser le corps se reposer. Pensez toujours à trouver un équilibre entre les deux et à accorder toute votre attention à votre assiette et à chaque bouchée. Manger est après tout LE plus grand plaisir de notre existence humaine, autant lui accorder toute notre présence et décupler le plaisir que nous pouvons en retirer.

Le froid


Dès qu’il fait ne serait-ce qu’un tantinet chaud, les personnes, restaurants, bus, maisons se ruent sur l’air climatisé. A chaque fois, je suis allée voir le conducteur de bus, le responsable du restaurant, le propriétaire de la maison pour lui demander de baisser ou d’éteindre la climatisation (avec un sourire). C’est surprenant car j’ai toujours eu une réponse très positive. Tous les passagers du bus avaient en fait aussi très froid mais n’osaient pas le dire, les hôtes avaient allumé la clim’ pour mettre autant que possible à l’aise les convives (ah, les apparences qu’on maintient en société) mais n’avaient eux-mêmes pas froid du tout et ainsi de suite. J’ai compris que la clim’ était un peu une question de « standing ». Il fallait montrer qu’on était en mesure de proposer ce service de luxe. Mais personne n’en voulait vraiment. La planète encore moins :) Ce qui me ramène à cette très importante leçon apprise ici et ailleurs : parlez ! demandez ! N’hésitez pas à échanger avec les êtres humains sur les questions d’alimentation, de ressources naturelles et de clim’ :) Vous serez surpris du résultat (et cela nous évitera de ronchonner dans notre coin !)

En parlant de froid, une grande mode se déploie aux Etats-Unis (et au Starbucks) qui consiste à boire des boissons avec une grande quantité de glaçons. Thé vert bio avec glaçons. Frapuccino avec glaçons. A fuir mes amis ! Les boissons et aliments froids et gelés cassent le feu digestif (Agni) qui brûle en nous et nous permet de digérer et transformer notre alimentation en précieuse énergie de vie. Rien de mieux pour vous mettre au ralenti, vous donner une impression de lourdeur, d’indigestion, de ballonnements, etc. Si vous avez souvent chaud (et qu’il ne fait pas 40 degrés à l’ombre), vous consommez probablement une grande quantité d’excitants qui excitent Pitta (le feu) dans votre corps (thé noir, café, cigarettes, piments, viandes, chocolat noir, etc.) et/ou vous laissez submerger par des sentiments « échauffants » (la colère, l’intolérance, la méchanceté, la comparaison, la frustration, le jugement). Faites le tri dans ces deux catégories et buvez des liquides tempérés, tièdes ou chauds pendant la journée. Vous pouvez aussi rapidement mixer quelques fruits avec de l’eau pour une boisson rafraîchissante et naturellement sucrée.

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De l’eau, deux fraises, zéro glace = fraîcheur !

La nature


Oh My God, que les Etats-Unis sont verts ! Ce fut un choc. J’avais toujours eu cette image des américains, fanatiques du pétrole et du gaz de schiste, bloquant les accords internationaux sur le climat, incapables de reconnaître le changement climatique en cours (et ce jusqu’au dernier président Bush). Quelle fut ma surprise de découvrir des villes bien plus vertes que Paris, Toulouse, Nice ou Lyon.

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En survolant les Etats-Unis pour atterrir à Washington, je vois à travers le hublot de vastes étendues de verdure et de rivières. Etonnant. Mais je sais que la zone est humide et la végétation y est naturellement prolifique.

Mais c’est au moment de marcher dans la ville, du centre-ville jusqu’aux zones résidentielles, que j’ai été le plus heureusement frappée par la densité et la quantité de verdure que les Hommes ont volontairement planté. Les trottoirs sont parsemés tous les 5 mètres de très grands arbres, de toutes les variétés, qui apportent fraîcheur, fleurs et biodiversité. Il y a souvent des petites étiquettes sur les arbres qui indiquent le nom de la variété, la provenance, l’histoire. Des petits parcs, de vrais bulles d’oxygène, pullulent dans la ville et à tout moment de la journée, je pouvais entendre des dizaines d’oiseaux chanter avec vivacité. Bien plus que je n’en ai jamais entendu dans une ville européenne, africaine ou latino-américaine. Je n’en croyais pas mes oreilles. Tous ces arbres doivent rendre les villes plus accueillantes ! Enfin, l’architecture des maisons et des appartements prévoit toujours un petit espace devant la porte principale. Dans 90% des cas, cet espace était tout simplement gorgé d’arbres, d’arbustes, plantes, herbes aromatiques, fleurs. On aurait dit une compétition entre voisins pour déterminer qui aurait la devanture la plus verte ! Que c’est agréable de se balader dans des rues aussi oxygénées et gorgées de vie. Ça vous dit si on plante des arbres partout dans la rue ? On en parle au maire de notre commune ? A la prochaine réunion de copropriété de l’immeuble ?

La gentillesse


Enfin, ma plus belle découverte américaine, reste la découverte humaine de l’incroyable gentillesse des gens. Encore une fois, je ne cherche pas à critiquer les « réels motifs » qui se cacheraient derrière. La gentillesse est la gentillesse. Tout simplement. Elle nous fait sentir bien, elle nous rappelle notre nature humaine, elle nous fait sourire et nous fait oublier nos soucis ne serait-ce que quelques secondes.

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Quelle que soit la classe sociale, la couleur, le poste, l’heure de la journée, le lieu, chaque américain que j’ai rencontré m’a regardé dans les yeux, fait un grand sourire, dit bonjour et demandé comment j’allais. C’est la base. Et je vous assure, elle ne semblait pas forcée. Elle vient du cœur et elle fait du bien. Alors si vous répondez à ce sourire par un sourire, à ce « how are you ? » par un « I am fine and you? » je ne vous raconte pas la suite ! Les gens vous parlent, rient, vous aident. Avec ces grands rires chantants que seuls les afro-américains peuvent avoir, avec l’humilité et l’inouïe douceur que les immigrés latino-américains ont gardé dans leur cœur malgré les difficultés du quotidien, avec l’amabilité et la curiosité que les « blancs » portent en eux comme une seconde peau car ils savent que le monde entier les regarde, les connaît et souvent les juge. Et qu’ils ont intérêt à assurer. On sent l’envie, la sincère envie de « bien faire », de bien accueillir et de détruire ces mythes qui empoisonnent l’image de l’Amérique à travers le monde.

Pour moi, les Etats-Unis ne sont pas un pays, mais un grand mélange de tous les pays du monde. Il n’appartient à aucune couleur ou culture. Hier on y parlait anglais, demain on y parlera espagnol. On y trouve le pire du monde, comme on y trouve le meilleur. La gloire éternelle et la désolation la plus cruelle. Ce pays est un reflet de notre monde. Et où va notre monde ? Dans tous les sens! Tout est possible.

Alors comment favoriser tel ou tel chemin? En revenant à soi et ce que JE peux faire tous les jours. Nous sommes les seuls responsables, nous avons le choix et le pouvoir de créer un monde que nous aimons. Alors commençons dès aujourd’hui, à nous responsabiliser pour notre impact sur les autres, sur la Terre, sur l’avenir collectif de l’humanité. Et comme toujours, cela commence par l’assiette ;)

PS : La famille ou la pratique humaine la plus intense


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Papa (77 ans) et maman (60 ans) « Le Palais Savant » :)

« Si tu penses que tu es un illuminé, va passer une semaine avec ta famille » Ram Dass. Cela ne pourrait pas être plus vrai ! Plus que jamais, mon approche de la vie a été bousculée par deux semaines passées, dans les 40 mètres carrés d’appartement de ma sœur, avec ma famille. Accepter l’autre, accepter les choix que chacun fait pour modeler sa vie, c’est dur. Très dur ! Revenir à soi, à ce sur quoi on a un contrôle, à notre parcours et à inspirer les autres par l’exemple (et non par les critiques) c’est le seul chemin.

 

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